divers Mary Lester – nouvelle enquête : État de siège pour Mary Lester – 1er chapitre

Mary Lester – nouvelle enquête : État de siège pour Mary Lester – 1er chapitre

État de siège pour Mary Lester – 1er chapitre

État de siège pour Mary Lester paraîtra le 11 mai 2015 (à réserver dès à présent sur www.palemon.fr). Avec cette nouvelle enquête de la célèbre capitaine de police quimpéroise, Jean Failler vous emmènera du côté de La Baule et Batz-sur-Mer !

Afin de vous permettre de patienter jusqu’à cette date, nous vous en offrons un petit avant-goût : son 1er chapitre…

Excellente lecture !

Chapitre 1

En ce lundi 4 mars, il régnait sur la pointe de Bretagne un temps de Toussaint. Le samedi avait été arrosé d’averses sporadiques, le dimanche noyé sous des trombes d’eau et ce lundi paraissait devoir être pire que le dimanche car, au déluge s’était ajoutée une tempête de sud-ouest qui faisait voler les poubelles dans les rues et se retourner les parapluies qu’on avait eu l’imprudence d’ouvrir.
Enveloppée dans un long imperméable de plastique transparent, Mary avait affronté les éléments pour arriver à pied jusqu’au commissariat. Maintenant elle avait déposé cette protection, inélégante mais efficace, qui gouttait pendue au portemanteau de son bureau et elle se disait que parfois le travail sédentaire avait du bon.
Elle contempla la fenêtre dont les vitres fouettées par l’eau du ciel lui rappelaient les hublots du Drakkar dans la tempête (voir Aller simple pour l’enfer, même auteur, même collection). Heureusement, ici le plancher ne tanguait pas.
Puis elle se remit à taper sur le clavier de son ordinateur. Son équipier, le lieutenant Fortin, n’avait pas encore fait son apparition. Il devait être chez les « en tenue » en train de commenter les résultats sportifs du week-end devant un café.
Pour cause de terrains inondés, la plupart des matchs avaient dû être annulés, mais pour Fortin, il y avait toujours matière à discuter de sport.
Le lieutenant Jean-Pierre Fortin était très populaire chez les flics de base, de par leur fonction les plus exposés aux mauvais coups de la racaille. En cas de coup dur, l’OPJ Fortin n’hésitait pas à mettre la main à la pâte et, avec un gaillard comme ça, qui valait quatre hommes, l’affaire était en général pliée sans la moindre bavure.
Il suffisait d’ailleurs souvent qu’il apparaisse pour que les plus bagarreurs prennent discrètement la tangente.
Les autres OPJ prêtaient, en général, moins spontanément leur concours pour des opérations de pur maintien de l’ordre où, dans le meilleur des cas, les flics n’étaient abreuvés que d’injures et souillés de crachats.
Le capitaine Lester, qui apportait une dernière main à son rapport sur l’affaire qui l’avait menée à Paimpol avec le lieutenant Fortin, était à ranger dans cette seconde catégorie.
Il faut dire qu’elle n’avait pas la carrure nécessaire pour ce genre d’intervention, mais elle compensait cette lacune par d’autres qualités : finesse, intuition et une connaissance du code pénal qui n’avaient guère d’équivalent au commissariat de Quimper.
Toujours est-il que l’association Fortin/Lester était maintenant réputée pour son efficacité.
Leur dernière affaire à Paimpol avait connu un dénouement pour le moins surprenant, où tous deux avaient frôlé la mort de près, pour confondre un tueur en série qui s’était soudain mis à sévir du côté de l’Arcouest (voir La Croix des Veuves, même auteur, même collection).
Une affaire sinistre, terrible, où de paisibles citoyens que rien ne prédestinait à une fin aussi tragique, avaient été horriblement assassinés, certains avec leurs enfants.
D’autres qui appartenaient au clan des assassins s’étaient entre-tués et la justice immanente, bien plus radicale que celle des hommes, avait fait le ménage sans qu’une seule personne de bon sens ne songe à verser une larme de compassion sur leur triste sort.
Tout de même, ce n’était pas tous les jours - heureusement ! - que Mary Lester était confrontée à un pareil massacre. Huit morts, un blessé grave, quatre disparus - qu’on ne reverrait probablement jamais plus - et une charmante petite ville du littoral breton habituellement tranquille, plongée dans la terreur pendant de longues semaines.
Joli bilan ! Et dire que ça aurait pu être pire…
Les ordinateurs de la Fondation Championnet, sur l’île de Saint-Budoc, avaient livré aux spécialistes de la gendarmerie une masse d’informations qui n’avaient pas encore été affichées en place publique, et qui ne le seraient probablement jamais.
La classe politique avait été suffisamment secouée par des scandales à répétition pour qu’en haut lieu on juge prudent de jeter, sous couvert d’une raison d’État qui a souvent bon dos, un voile pudique sur ses relations intéressées avec le sulfureux et richissime monsieur Championnet, lui-même exécuté par l’un de ses tueurs.
Trop c’est trop. À la longue, le bon peuple pourrait bien se lasser des mauvaises manières de ses élus, prendre le mors aux dents, la fourche à la main et les bouter hors leurs sinécures dorées.
La petite île qui avait servi de base aux criminels avait retrouvé son calme. Les responsables de la fondation, qui n’étaient pas le moins du monde impliqués dans la folie criminelle de leur patron, poursuivaient les travaux entrepris, la rénovation d’un monastère quasi millénaire, sous la surveillance sourcilleuse de l’architecte des monuments historiques.
Le chalutier Saint-Budoc, magnifiquement repeint sur les chantiers de Poole en Angleterre, avait repris ses fonctions de remorqueur sous les ordres du matelot Adrien Roudaut qui avait succédé au commandant Stampoulos de sinistre mémoire.
Pierre Portal, le fermier écolo de Saint-Budoc, écolo non point parce que c’était la mode mais bien parce qu’il cultivait à l’ancienne, comme ses parents l’avaient fait avant lui, poursuivait la mise en sillons, tracés par un soc tiré par un cheval de trait, de ses patates primeurs si prisées des connaisseurs.
Il avait obtenu, par le biais de son avocat, la prolongation de son bail. Personne ne songeait plus à le mettre à la porte et il continuerait donc à labourer la terre de ses ancêtres avec son cheval et à affiner ses excellentes huîtres plates sereinement.
Contrairement à la plupart de ses collègues pour qui la rédaction d’un rapport était un insupportable pensum, Mary prenait plaisir à retracer les péripéties de ses enquêtes et à en faire une présentation plaisante.
Ses rapports étaient d’ailleurs cités en exemple, encore que certains collègues les jugeassent, avec une ironie qui cachait mal leur dépit, « trop littéraires ».
Le lieutenant Fortin venait d’entrer dans le bureau qu’il partageait avec Mary Lester, l’Équipe, son journal favori, sous le bras.
— Tu es déjà là ? dit-il en lui faisant la bise.
Elle regarda ostensiblement sa montre :
— Je ne suis pas en avance, c’est toi qui as… vingt-six minutes de retard.
— J’suis pas en retard, dit-il avec une parfaite mauvaise foi, je suis juste resté discuter un peu avec les gars.
« Les gars », on l’a vu, étaient les flics en tenue qui avaient leur salle au rez-de-chaussée, un lieu où l’on servait un café infiniment supérieur au jus de chaussette dispensé par la machine du hall.
Bien entendu, si Fortin jouissait d’une grande popularité chez les « en tenue », certains autres officiers de police ne manquaient pas de lui balancer des piques et de le brocarder sous prétexte d’une trop grande amitié avec son capitaine, Mary Lester, elle-même jalousée pour ses excellents résultats sur le terrain.
Certains murmuraient qu’ils étaient sûrement amants, ce qui n’était pas le cas, Fortin étant d’une adamantine fidélité envers la mère de ses enfants, une petite personne blonde qui menait ce colosse par le bout du nez.
Fortin ignorait superbement ces remarques en appliquant aux jaloux une devise dont il faisait grand usage, « Bien faire et laisser braire ».
Il se pencha pour regarder ce que Mary avait à l’écran et s’exclama avec une moue admirative :
— T’en fais une tartine !
Elle demanda :
— Tu sais ce que c’est ?
— Le rapport sur l’affaire de Paimpol ?
— Exactement ! Alors ne critique pas, sinon je te laisse le soin de le terminer.
— Oh, pas de menaces, hein ! fit-il en allant s’asseoir.
Il était de ceux que la seule vue d’un clavier d’ordinateur faisait transpirer car ses gros doigts attrapaient souvent deux touches ensemble, ce qui plongeait ceux qui lisaient sa prose dans des abîmes de perplexité. Mary, et il lui en était reconnaissant, le déchargeait généralement de cette corvée.
Cependant, elle décida de le taquiner.
— Ben quoi, dit-elle en se redressant, tu en sais autant que moi, non ?
Il déplia son journal et la considéra, maussade :
— Sûrement pas !
Il avait raison. Personne n’en savait autant que Mary Lester sur cette sombre histoire, pas même les gendarmes. Seul le commissaire Fabien avait été mis au courant de certains détails qu’il valait mieux, pour les raisons exposées plus haut, garder secrets.
Comme elle se faisait ces réflexions, le téléphone sonna. Fortin grommela entre ses dents :
— Je parie que c’est le singe !
Depuis qu’il savait que le commissaire avait appris - on ne sait comment - que certains de ses hommes l’appelaient ainsi, il se méfiait. Les murs, dans ce commissariat, semblaient parfois avoir des oreilles.
— Tu pourrais être poli, dit-elle sévèrement.
Puis elle décrocha :
— Allô ?
Gagné ! C’était le divisionnaire Fabien.
— Ah vous êtes là Mary !
— Depuis neuf heures, monsieur !
— Que faites-vous de beau ?
— Je terminais mon rapport sur l’affaire de Paimpol.
— Bien… Bien… Très bien !
Elle sourit. Si ça allait si bien que cela, il aurait filé droit au but.
Elle s’enquit aimablement :
— Qu’y a-t-il pour votre service ?
— Humm… J’ai dans mon bureau une dame qu’il faudrait que vous entendiez.
Ce « humm… » était révélateur d’un certain embarras. D’ordinaire, le patron était plus tranchant. Elle s’enquit :
— Elle a quelque chose à me dire ?
— Humm… refit Fabien. Venez donc, ce sera plus simple.
Intriguée, elle se leva :
— J’arrive !
Fabien dit, conciliant :
— Vous pourrez terminer votre rapport un peu plus tard.
Holà ! C’était de plus en plus bizarre. Elle acquiesça :
— D’accord. J’étais justement en train de me dire que Fortin pourrait s’en charger.
Entendant son nom, le grand tendit l’oreille et fit de grands gestes de dénégation qu’elle transmit immédiatement :
— Il n’est pas d’accord !
Furieux, Fortin la menaça de l’index tendu. Elle enclencha la fonction haut-parleur de l’appareil et la voix du patron résonna dans la petite pièce :
— C’est à vous de voir… Après tout, vous êtes son supérieur. Cependant, il me semblait que vous vous entendiez bien…
— Bien sûr qu’on s’entend bien. Mais il me disait justement : « Pourquoi c’est toujours toi qui écris les rapports ? » Il pense que c’est pour ça que je suis passée capitaine avant lui.
Fortin, furieux mais toujours silencieux, poursuivait ses signes de menace.
— C’est l’occasion, poursuivit-elle, de le laisser prendre sa part de gloire dans cette affaire.
Elle raccrocha et Fortin laissa éclater son indignation :
— Non mais oh, t’es vache ! Qu’est-ce que tu vas encore raconter au patron ?
Les poings sur les hanches, c’est elle qui feignait la colère à présent :
— Je fais tout pour que tu sois promu et tu m’insultes ? C’est la meilleure !
— Je ne t’ai rien demandé ! s’exclama Fortin.
Dans sa vie professionnelle, il n’ambitionnait rien d’autre que de passer inaperçu ce qui, avec un physique aussi imposant, était parfois difficile.
Elle le provoqua avec une fausse naïveté :
— Tu ne voudrais pas être promu capitaine ?
Il se rendit mollement, en baissant d’un ton :
— Ben si, ne serait-ce que pour la paye.
Elle tapota sur le clavier de l’ordinateur d’un geste explicite :
— Alors, à toi de jouer !
Il regarda l’écran d’un air malheureux :
— Faut que je me tape le rapport ?
Elle soupira :
— Fais pas ta gueule de chien battu : il est déjà tapé. Il n’y manque que le mot « fin ». Tu sauras tout de même écrire le mot « fin » ?
Elle épela :
— F I N.
Il souffla, découragé :
— Pourquoi ne le mets-tu pas toi-même ?
Il bougonna :
— Arrivé là…
Elle siffla entre ses dents :
— Tss ! Si tu veux une part de gloire, il faut aussi prendre une part de travail !
— Bon, ben j’y vais, fit-il résigné.
Son air triste amusa Mary :
— On dirait que tu montes à l’échafaud ! Il est fini, ce rapport. Tu n’as plus qu’à lancer l’impression, le relire, corriger les fautes…
— Corriger les fautes ?
— S’il y en a !
— Ah, s’il y en a !
— C’est-à-dire qu’il ne faudra pas en rajouter, quoi !
Sans enthousiasme, Fortin soupira :
— Tu peux compter sur moi, j’toucherai à rien.
— Eh bien tant mieux, dit-elle. Allez, je monte voir monsieur le divisionnaire Fabien.
Elle avait, à dessein, appuyé sur le « monsieur ».
Comme elle sortait, il marmonna, le front buté :
— Tu peux compter sur moi, J’toucherai à rien !
Elle secoua la tête en réprimant un sourire : on ne le changerait jamais, celui-là !

Alors, envie de découvrir la suite des aventures des Mary Lester ?

Rendez-vous sur la boutique des éditions du Palémon, et bien entendu dans votre librairie, à partir du 11 mai, pour la sortie nationale de État de siège pour Mary Lester !

3 Comments

3 commentaires pour Mary Lester – nouvelle enquête : État de siège pour Mary Lester – 1er chapitre

  1. Thierry Blanchard says:

    Pourquoi nous laisser patienter jusqu’au 11 mai pour connaître Batz sur mer ?

  2. CAROFF MARTINE says:

    Bonjour, je viens de poster un courrier aux Editions du Palémon accompagné du règlement des deux derniers tomes de Mary Lester.
    J’aimerai qu’ils me soient expédiés revêtus de la dédicace de M. FAILLER, s’il vous plait.
    Merci d’avance

  3. SOPHIE BEUKELS says:

    Bonjour , Serait-il possible d’avoir les livres dédicacés au nom de SOPHIE BEUKELS ? Merci et bonne journée
    Cordialement

    Sophie BEUKELS

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