divers Interview Pierre Pouchairet / L’île abandonnée #2 – Ses sources d’inspiration

Interview Pierre Pouchairet / L’île abandonnée #2 – Ses sources d’inspiration

 

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2e volet de l’interview de Pierre Pouchairet : ses sources d’inspiration.

(retrouvez le 1er volet, consacré à son parcours, ici)

 …

Où puises-tu l’inspiration pour tes intrigues ?

Pour beaucoup dans mon passé professionnel.

Quand je pose le thème d’une histoire, j’essaye d’imaginer le déroulement de l’enquête de police ainsi que la vie du groupe de policiers durant cette enquête.

Mes personnages sont proches de la réalité. Gabin, le flic de Nice qui apparaît dans mes premiers livres, est assis dans le fauteuil que j’occupais à la PJ de Nice et son équipe est quasiment celle qui travaillait avec moi. Et disons-le, Léanne a pris beaucoup de Gabin. La plupart de mes personnages ont un pendant réel. D’ailleurs parfois, quand j’écris trop vite, il m’arrive de faire l’erreur d’écrire leur vrai nom. Je décris souvent des gens que je connais bien ou que j’ai croisés dans ma vie professionnelle. Claude Vignon, le chef de la PJ de Rennes, est inspiré d’un ancien directeur de la police judiciaire que j’ai connu à Nice et qui a fini DCPJ. Le directeur actuel de la police nationale, qui a été en poste à Nice, apparaît aussi dans mes livres.

Certaines des enquêtes menées par mes personnages sont des souvenirs d’enquêtes réelles. Dans Haines, la première aventure des Trois Brestoises, les policiers sont confrontés au meurtre d’une femme âgée dont le corps est découvert par sa fille. Je me suis inspiré de faits sur lesquels j’ai travaillé quand j’étais à la PJ de Versailles. Le début et la fin du livre se sont passés de cette manière.

Au début de La cage de l’Albatros, les policiers suivent un camion transportant un voilier truffé de cocaïne. Il est arrivé au port de Brest dans un cargo et doit être livré à Nice. Cette histoire est authentique. Lorsque j’étais à la Police Judiciaire de Nice, à la fin des années 80, notre service a enquêté sur un groupe de trafiquants qui avait commandé 400 kilos de cocaïne en Colombie. La drogue était transportée de la même manière et les trafiquants niçois, venus à la rencontre du camion, ont été interpellés en pleine nuit, alors qu’ils déchargeaient la marchandise.

Pour tout ce qui est filatures, interpellations, interrogatoires, je colle à la réalité d’une enquête. La seule différence est que je mets plus d’action qu’il n’y en a dans la vraie vie. Mes policiers sont confrontés à plus de situations périlleuses que peut en vivre un vrai policier.

Es-tu inspiré par certains auteurs ? Lesquels ?

En matière de description d’une scène d’action, je n’ai jamais trouvé mieux que le premier chapitre du « Carnaval des Hyènes » de Michaël Mention. Cette lecture a été pour moi un déclic.

Après, dès qu’on lit des romans, qu’on regarde un film, qu’on lit le journal, on est toujours inspiré, je pense qu’un auteur, c’est un peu un buvard, consciemment ou non. Il ne s’agit pas de copier le style des autres, mais on ne peut pas s’empêcher non plus de lire un truc et de se dire ça c’est bien écrit, j’aimerais bien faire un truc comme ça ou l’inverse d’ailleurs. Pour les scènes d’ambiance, personne n’a jamais fait mieux que Simenon.

 

Et voilà pour aujourd’hui ! La suite au prochain épisode, c’est-à-dire demain, jeudi 25 juin !

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