Filosec et Biscoto n°1 - Les naufragés de l'île sans nom

 
 
 
roman format poche (11 x 18 cm)
128 pages
ISBN / EAN : 9782907572453
 
à partir de 9 ans 
 
 
 
 
Un enchaînement d’événements fâcheux a conduit le bateau de Filosec et Biscoto sur un îlot inhabité, à quelques encablures du petit port où ils vivent.
Cette île, qu’ils croient déserte, abrite le repaire secret de dangereux trafiquants d’armes.
Sans le savoir, sans le vouloir, nos deux compères sont tombés dans la gueule du loup.
 
 
Chapitre 1
 
Tout ça ne serait pas arrivé si ce gros cornichon de Biscoto avait su godiller*. Je lui avais pourtant bien demandé, avant de partir :
– Tu sais godiller ?
Et il m’avait répondu, de cet air dédaigneux que prennent si bien ceux qui viennent de la grande ville et qui pour cela croient tout savoir :
– Tu me prends pour qui, eh patate !
Moi je n’allais pas vérifier. C’est si naturel de savoir godiller quand on habite un port de pêche qu’on ne pose même pas la question. Chez nous, tout le monde sait godiller !
Le petit port où j’habite est posé sur le bord d’une anse qui s’enfonce dans la campagne. Par le fond de l’anse, on peut remonter très haut dans les terres, jusqu’à la ville de Pont-Aven. Quand on veut aller de l’autre côté de l’eau, comme on dit ici, il faut soit avoir une voiture et faire vingt-cinq kilomètres, soit prendre un canot et godiller deux cents mètres. Pour moi, le choix est vite fait, vu qu’à douze ans on n’a pas encore le droit de conduire et que j’ai plein de copains qui habitent en face, de l’autre côté de l’estuaire. Comme ce gros cornichon de Biscoto qui fait toujours le malin parce qu’il arrive de Paris. Il me dit d’un air supérieur :
– Tous les dimanches, j’allais avec mon père sur la Marne dans des skiffs, mon vieux, qui filaient comme des fusées. Ça, c’étaient des bateaux !
Il parle du coin de la bouche, comme dans les films américains. Et ajoute, toujours suffisant :
– Des skiffs, il n’y en a même pas ici !
Il commence à me courir, celui-là avec ses « skiffs ». J’ai demandé à mon père ce que c’était ces marchandises-là. Il paraît que ce sont des bateaux faits pour les courses d’aviron. Ils sont très longs, très étroits et, c’est vrai, ils filent comme des fusées. Seulement, ce sont des bateaux d’eau douce. Dès qu’il y a la moindre petite vague, le moindre petit clapot, ça embarque de la flotte et ça coule à pic ! Parlez d’un avantage !
– Des skiffs ! On ne godille pas là-dessus, on nage !
– Moi, quand je veux nager, j’vais à la piscine, eh patate !
 
 
 
 
 

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