roman format poche (11 x 18 cm)
176 pages
ISBN / EAN : 9782907572439
Repris après leur évasion du domaine de Bellefontaine, Filosec et Biscoto sont confiés à la garde du docteur Cha, le savant fou qui règne sur le jardin des simples.
Étroitement surveillés, les deux garçons sont sans nouvelles de la petite coréenne qu'ils ont rencontrée parmi les jeunes esclaves asiatiques, et qui est la seule à parler le français.
Filosec et Biscoto veulent toujours s'évader, mais pas sans Kim car ils soupçonnent le chef des gardes, Bao Zheng, de lui avoir fait un mauvais parti. Ils retrouveront la jeune fille dans un village souterrain, où monsieur de Saint-Omer dissimule ses jeunes travailleurs clandestins.
Comment Kim, Filosec et Biscoto échapperont-ils aux griffes du docteur Cha ?
Chapitre 1
En
un instant nous voilà entourés par Bao Zheng qui a abandonné la férule
de maître d’école et par madame Zhou qui a laissé tomber la blouse
d’infirmière.
En file, les enfants repartent aux champs sous la conduite des gardes.
Je les regarde passer, rendu furieux par cette comédie à laquelle les
gendarmes se sont laissés prendre si aisément.
À leur décharge, il faut dire que la pièce a été jouée de main de maître.
Monsieur de Saint-Omer me toise, goguenard, du haut de ses presque deux
mètres. Il jette quelques mots à ses deux sbires qui nous poussent vers
son antre. On nous fait asseoir sur les fauteuils disposés face à son
bureau tandis que madame Zhou prend place devant la fenêtre et que Bao
Zheng, les bras croisés, bloque la porte.
— Et maintenant, dit monsieur de Saint-Omer, vous allez nous dire par où vous êtes sortis !
Je prends les devants car je ne veux surtout pas que Biscoto dévoile notre secret.
— Par la porte, dis-je d’un air abattu.
Et, croyez-moi, je n’ai pas besoin de me forcer pour avoir l’air abattu !
Il me regarde, sceptique :
— Par la porte de votre chambre ?
— Évidemment ! Par où voulez-vous qu’on puisse sortir autrement ? Nous
ne sommes pas des oiseaux ! La fenêtre est au moins à dix mètres du sol
!
Monsieur de Saint-Omer fronce ses sourcils épais. Il regarde la mère
Zhou et lui jette quelques mots qui ne me paraissent pas très aimables.
Elle paraît surprise, puis indignée et se lance dans une diatribe aussi
volubile que véhémente.