L'aumônier enquête à bord n°3 - Meurtres au jardin de la Marine

 
 
 
roman format poche (11 x 18 cm)
208 pages
ISBN / EAN : 9782907572811
 
 
 
 
Claude-Youenn Roussel, passionné de toujours par l’histoire, l’ethnologie, l’archéologie, la linguistique de la Bretagne, a participé tout au cours de sa vie à de multiples actions destinées à la préservation de sa culture. Il a publié divers ouvrages, entre autres plusieurs consacrés au monde maritime du XVIIIe siècle, et collabore à des revues spécialisées, notamment le Chasse-Marée. Sortant des routes classiques du chercheur, il s’autorise ici l’écriture du romancier, puisant largement dans quarante années de documentation et de travaux incessants.


«Meurtres au jardin de la Marine » est le troisième tome de cette série historique qui passionnera tous ceux qui aiment l’histoire, la mer, le mystère…



En mai 1788, alors que les prémices de la Révolution grondent en France, Gratien aumônier et son fidèle serviteur et ami Julio regagnent Brest où ils vont être chargés d’une nouvelle mission commandée une fois de plus par leur lointain maître, surnommé La Mouette, chef d’un service très secret de Sa Majesté Louis XVI. La tâche paraît simple : il s’agit de se rendre dans le sud de la France afin de veiller discrètement à la sécurité d’une ambassade indienne qui doit débarquer à Toulon. Mais est-ce bien l’unique but de ce voyage ? De retour à Brest ils vont se trouver confrontés à une dramatique série d’assassinats particulièrement atroces survenus dans le jardin botanique de l’hôpital de la Marine, crimes baignant dans une atmosphère de mystère fortement mêlé d’ésotérisme.

 
  
 
À propos du tome 1 « L’aumônier du Ponant » :

 Le grand mérite de cet auteur est d’avoir su rendre avec justesse, grâce à l’emploi d’un vocabulaire particulièrement bien choisi, l’atmosphère d’une époque. On attend le prochain volume.
 Jean-Claude Cassenac, Le Télégramme


À propos du tome 2 « Le neuvième chapitre » :

 On avait bien aimé la première mouture de cette saga ensorcelante. La seconde enquête de Gratien, qui va finir par devenir une sorte d’Hercule Poirot embarqué, ne décevra pas les amateurs de polars salés.
 Thierry Montoriol, Bateaux
 
 
Prologue
 
Ce qui nous empêche souvent de nous abandonner  à un seul vice  est que nous en avons plusieurs
La Rochefoucauld

FRANCE, 1788

Alors que l’Europe s’agite et se déchire, surtout dans les pays nordiques, la France reste en paix extérieure. L’État n’a pas épongé l’effort financier colossal de l’Indépendance américaine et n’a plus les moyens de s’immiscer dans une aventure militaire, mais le pays reste cependant le plus riche en ce qui concerne la fortune privée. Sa population atteint les 25 millions d’habitants dont une majorité de paysans pour un tiers, propriétaires de leurs terres. Les artisans ne sont que 2 millions et demi. Le reste du peuple est formé d’ouvriers, de journaliers, de manœuvres, ou de domestiques et de militaires plus quelques fonctionnaires très peu nombreux. On mange correctement en général, sauf quand surgissent des crises alimentaires  ponctuelles - liées à la désorganisation des marchés et des transports ainsi qu’aux manoeuvres des spéculateurs, qui créent des famines artificielles surtout dans les villes.
   
Cependant le pays est la proie d’une agitation politique sourde. La multiplicité des impôts -  même si séparément ils ne sont pas lourds, - aboutit à l’évaporation de près de 70 % du revenu paysan. Existent d’abord les droits féodaux et banaux, la taille roturière, la gabelle dans certaines régions, la capitation, le vingtième, la ferme des aides ; les corvées, l’obligation de loger et nourrir des soldats, d’assurer leurs transports. A tout cela s’ajoute la dîme du clergé, éventuellement l’obligation de servir dans la milice. C’est surtout une certaine injustice dans la répartition lors du prélèvement de la taille qui énerve les contribuables, principalement dans les pays d’Élections, circonscriptions ou règnent des tribunaux nommés précisément « élection » chargés de juger des aides et des tailles (ce qui n’est pas le cas dans les pays d’Etats – comme la Bretagne- qui décident des montants à prélever dans leurs assemblées réunies tous les deux ans). Les receveurs, nommés parfois égailleurs désignés d’office doivent faire ce qu’ils peuvent pour rentrer dans les fonds prévisionnels dont on les rend  responsables. Quand ils se heurtent à une forte opposition, ils ont la fâcheuse tendance à forcer ceux qui résistent le moins pour atteindre leur chiffre.
 

CYR03

8,00€ 7,60€