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Il est des livres qui ont bousculé le cours de l'histoire. Le contrat social de Jean-Jacques Rousseau a inspiré la Révolution française. La case de l'oncle Tom a éveillé le mouvement anti-esclavagiste aux Etats-Unis. La Capital de Karl marx a façonné le mouvement socialiste des XIXe et XXe siècles. Le Lion des Flandres de Hendrik (Henri) Conscience fait partie de ces livres-flambeaux qui éclairent et incendient.
En 1830, date de création de l'état belge, les Flamands néerlandophones
se retrouvent administrés par un état francophone. Face à une Wallonie
riche et industrialisée, ils sont perçus comme des bouseux mal
dégrossis.
Le livre de Conscience sonne pour eux comme un coup de gong.
Un passé brillant se dresse devant eux et les interpelle. Du temps de
son indépendance, leur nation était l'une des plus prestigieuses
d'Europe occidentale. Par son commerce, sa culture, son architecture et
bientôt sa peinture, elle avait acquis une renommée et une prospérité
enviables. Philippe Le Bel, Roi de France, ne pouvait supporte qu'aux
confins de son royaume existât un Comté florissant où le peuple des
villes découvrait la démocratie.
Juillet 1302. l'armée royale de France va affronter, non pas une armée,
mais un peuple en armes. En trois heures les "gueux des Flandres"
taillent en pièces l'armée la plus puissante d'Europe. Soixante-dix
huit grands seigneurs et plus de mille chevaliers sont exterminés à
coups de goendenlag
(le bonjour flamand), arme primitive mais ô combien meurtrière. Le soir
de la bataille, les Flamands font leur marché sur les cadavres et
collectent 700 éperons d'Or! C'est ainsi que cette bataille de
Groeningekouter entre dans la légende sous le nom de "Bataille des
Eperons d'Or".
Le livre de Hendrik Conscience a rendu aux Flamands de
Belgique leur histoire et par là même, leur fierté . Il est à la fois
chef d'oeuvre littéraire et point de départ du "revival" flamand.
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