Genre : Roman Policier, Bretagne
|
Année de publication : 1998
|
Format : Poche (11 x 18)
|
Prix : 7,60 €
|
Pages : 276
|
ISBN / EAN : 97829075722 17 |
Voici
Mary Lester sur la côte nord de Bretagne, à Saint-Quai-Portrieux, où
une étrange fatalité s'acharne sur une famille russe, cinq frères, qui
ont repris la gestion du casino. Mais sont-ils réellement frères, ces
cinq Lissenkov qui se ressemblent si peu ? N'appartiendraient-ils pas à
cette redoutable mafia russe qui étend insidieusement son emprise sur
l'Europe du crime ? La mort « accidentelle » de deux membres de
cette étrange famille fait redouter aux autorités le déclenchement
d'une guerre des gangs qui transformerait une paisible station estivale
en champ de bataille. Mary Lester est envoyé en observatrice sur
les lieux. Elle va y faire d'étranges découvertes qui n'empêcheront pas
d'autres « accidents » de décimer la famille Lissenkov. Mais qui donc
voue aux Russes cette haine mortelle ? Qui donc les tue les uns après
les autres, avec une détermination et une imagination imprévisibles ?
Il faudra toute l'intuition, tout le flair de Mary Lester pour parvenir
à démasquer l'implacable meurtrier.
Crédit photo : Alain Vitet
Extrait : chapitre 1
La grosse Mercedes roulait lentement au long de la corniche. Au volant,
Igor Lissenkov conduisait d'une main, le coude à la portière, l'autre
main négligemment posée sur le haut de la cuisse de sa passagère, une
blonde aux grands yeux bleus qu'il venait d'aller chercher à la gare de
Rennes.
Il regagnait Saint-Quay-Portrieux par le chemin des écoliers,
cette route sinueuse qui longeait la mer, tellement plus agréable que
la quatre- voies que l'on prenait quand on était pressé.
Igor Lissenkov n'était pas pressé et si les pneus criaient
parfois dans les virages, c'est que la Mercedes était une lourde
voiture faite pour l'autoroute et qui s'accommodait mal des fantaisies
des chemins bretons. Le Russe venait de croiser un tracteur qu'il avait
failli emboutir tant la route était étroite et il se rangea pour
laisser passer la moto qui le suivait depuis quelque temps.
Un impatient, qu'il passe ! Il lui fit un geste du bras par la
portière. Aussitôt le motard se porta à sa hauteur et balança quelque
chose par la vitre ouverte. Puis il accéléra brutalement et Igor
Lissenkov le vit balancer sa machine dans le virage et disparaître dans
un grondement de moteur.
Coincé entre les deux sièges, un gros cylindre rouge dégageait un
filet de fumée. Le Russe n'eut pas le temps de voir ce que c'était,
l'objet éclata dans un fracas de tonnerre encore amplifié par
l'exiguïté de l'habitacle qui se remplit instantanément d'une fumée
blanche, âcre et dense.
Igor Lissenkov ne vit pas le virage venir, il ne voyait plus
rien, abasourdi par le bruit, aveuglé par la fumée. La lourde voiture
percuta le talus, l'escalada, puis elle bascula dans le ravin, écrasant
le roncier sous son poids, rebondissant contre les pommiers sauvages
qui avaient poussé sur la pente et s'écrasa sur la grève, une vingtaine
de mètres en contrebas.
Elle resta un moment sur le sable, les roues en l'air, tournant
encore, puis elle s'embrasa et une sourde explosion ébranla le matin
calme lorsque le réservoir fut atteint par les flammes.
Là-haut, sur la falaise, le tracteur qu'elle venait de croiser
s'était immobilisé. Le paysan en descendit, traversa la route, vit la
colonne de fumée noire qui montait dans le ciel et dit en poussant sa
casquette sur l'arrière de son crâne :
– Avaient-ils besoin d'aller si vite sur cette maudite route ? …