Les enquêtes de Mary Lester n°15 - Les gens de la rivière

 
 
 

 
 Genre : Roman policier, Bretagne
 Année de publication : 1999
 Format : Poche (11 x 18)  Prix : 7,60 €
 Pages : 320
 ISBN / EAN : 9782907572279
 
 
 
 
 

 

 

 

 

Présentation

 
 
    Savez-vous combien de personnes ont péri de mort violente sur l'Odet cette année ? L'onde de « la plus jolie rivière de France », s'il faut en croire les dépliants touristiques, n'est pas seulement peuplée de saumons et de bars. Y passent parfois, entre deux eaux, entre deux marées, de mystérieux macchabées. Accidents ? Crimes ? La question, posée à Mary Lester par un correspondant anonyme, l'amène à pénétrer le petit peuple de l'estuaire, un monde refermé sur lui-même, où le paisible promeneur côtoie le braconnier, le trafiquant, le hobereau imbu de prérogatives obsolètes depuis deux siècles...
Combien de personnes ont péri de mort violente sur l'Odet ? Ah la bonne question ! Mary Lester va s'efforcer d'y répondre et ses recherches, entre Quimper et Bénodet, entre noyés, accidentés et disparus, vont la mener à de bien surprenantes découvertes. 
 
 
 
→  Source photo : www.plomelin.com
 
 
 
 

 

 

Extrait : chapitre 1

  
 
 
 – Je vous demande, dit le commissaire Fabien au lieutenant Fortin, je vous demande si vous n’avez rien remarqué d’inhabituel dans l’attitude de Mary Lester.
 Les deux hommes étaient séparés par un de ces bureaux en imitation palissandre, qui sont le privilège des fonctionnaires de rang supérieur.
 Lucien Fabien était commissaire divisionnaire, et ce grade, il le savait, serait son bâton de maréchal.
 Tout comme la direction du commissariat de Quimper serait sa dernière affectation. Après, viendrait pour lui le temps de la retraite, une échéance qu’il s’efforçait de chasser de son esprit sans jamais y parvenir.
 Le divisionnaire Fabien était de stature plus que moyenne et, comme le font souvent les hommes de petit format, il se tenait bien droit pour ne pas perdre le moindre centimètre de sa taille.
 Toujours tiré à quatre épingles, il fumait des cigarettes Benson à bout de liège qu’il tenait entre le pouce et l’index avec une élégance affectée. Ce jour- là il était vêtu d’un costume gris clair dont la veste était ouverte sur un gilet passementé barré par une chaîne d’or. Foin des montres bracelet, à quartz ou à mouvement solaire, le commissaire divisionnaire Fabien prenait l’heure sur un oignon luisant comme un soleil, douillettement logé dans la petite poche de son gilet, tout contre son ventre replet. À heures fixes, il en remontait le mécanisme en actionnant la molette entre pouce et index, ce qui produisait un bruit d’engrenages emboîtés au micron qui paraissait le ravir.
 L’homme auquel il s’adressait était son contraste parfait : Grand, pour ne pas dire énorme, ou colossal, le lieutenant Jean-Pierre Fortin, Jipi pour les intimes, dépassait le mètre quatre-vingt-dix sous la toise et frôlait les cent kilos.
 L’élégance ne paraissait pas être son souci principal, tout du moins l’élégance telle que la comprenait son patron. Il portait un jean, des tennis, une chemise Lacoste qui moulait des pectoraux impressionnants et une veste de toile déstructurée aux manches retroussées sur des avant-bras musculeux que le commissaire regardait avec un brin d’irritation.
 Rien dans sa vêture ne le distinguait des voyous auxquels il avait affaire dans l’exercice de son métier.
 Le grand lieutenant regarda son chef d’un air ahuri et répéta bêtement :
 – Quelque chose d’inhabituel ?
 Il était assis sur une pauvre chaise paillée qu’il écrasait de sa masse, les coudes reposant sur les cuisses, les doigts croisés. Il paraissait sur la défensive et se demandait ce que son patron voulait à « sa » Mary.
 Un observateur mal averti aurait pu croire, voyant le lieutenant Fortin aussi peu à l’aise, qu’il était en présence, non pas d’un officier de police, mais d’un prévenu en cours d’interrogatoire.
 – Oui, dit le commissaire agacé, enfin, vous voyez ce que je veux dire…

ML15

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