Genre : Roman policier, Bretagne
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Année de publication : 2000
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| Format : Poche (11 x 18) |
Prix : 7,58 €
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Pages : 240
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ISBN / EAN : 97829075723 23 |
Un bouquet de fleurs, quoi de plus pacifique qu'un bouquet de fleurs ?
Cependant quand le bouquet est au bord d'une route de campagne, loin de
tout lieu habité, lorsque les fleurs sont mystérieusement changées
chaque jour et qu'au village voisin les bouches se ferment lorsqu'on
demande ce qu'il fait là, il attire obligatoirement l'attention du
passant. Surtout quand ce passant s'appelle Mary Lester. On est au
coeur des Montagnes Noires et derrière cet innocent bouquet se cache
une histoire noire elle aussi, que personne au bourg ne voudrait voir
étalée sur la place publique. Malgré les réticences, les obstructions,
Mary parviendra à découvrir le peu reluisant envers du décor. Et ce
sera certainement une des enquêtes les plus surprenantes de sa
carrière.
↔ Source photo : www.tourismebretagne.com
Les médias en parlent...

extrait du commentaire de Féline sur critiqueslibres.com :
Sur fond de décors campagnards, Jean Failler nous propose un roman
policier où il mêle querelles rurales, superstitions et un brin de
sorcellerie pour notre plus grand bonheur. Plus qu'un roman policier,
"La bougresse" est réellement un roman du terroir.
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Extrait : chapitre 1
La Twingo de Mary Lester suivait maintenant une route montant
entre deux bois de sapins sombres. Bientôt elle atteindrait le sommet
des Montagnes Noires, au cœur de l’Argoat. C’était une belle route,
bien goudronnée sur laquelle, par endroits, les bagnoles pouvaient
taper le cent vingt, peut-être même le cent cinquante, sans être
inquiétées par la maréchaussée.
La maréchaussée réservait ses contrôles de vitesse à la double
voie qui menait de Brest à Quimper. Là, les voitures étaient plus
nombreuses et il y avait plus de délinquants potentiels.
Mary Lester était en vacances et elle filait allégrement vers
Roscoff où une bande de copains et de copines l’attendaient pour un
séjour sur l’île de Batz. Pourquoi avait-elle pris ce chemin de
traverse au lieu d’emprunter la voie express ?
Une impulsion soudaine devant les panneaux indicateurs : d’un
côté une route à double voie de circulation, rapide, de l’autre le
chemin des écoliers, la traversée de ces collines mystérieuses érodées
par les siècles, que l’on appelait, un peu abusivement peut-être, « les
Montagnes Noires ». Ainsi elle passerait devant le manoir de Trévarez
où – le temps d’une enquête – elle avait connu quelques émotions.
La route n’était fréquentée de loin en loin que par un tracteur et quelques rares voitures.
En ce siècle de gens pressés, la plupart des automobilistes
préféraient emprunter la double voie express qui permet de traverser la
Bretagne le pied au plancher, sans prendre le temps d’en comprendre
l’âme.
Tant pis pour eux ! Les chemins de traverse ont des charmes
cachés et ils permettent de découvrir une vie dans des campagnes que
l’on pourrait croire désertes.
Dans ces monts à la beauté farouche, habités par des Celtes
depuis la nuit des temps, se niche le village de Poulbihan, ce qui peut
se traduire en français par « petit trou ».
Poulbihan, on le sentait, n’avait pas toujours été le village
endormi et quasi désert qui s’offrait à ses yeux. Une fort belle église
entourée de riches maisons de granit témoignait de sa prospérité passée.
Sur la place attenant à l’église quelques voitures stationnaient
sous les platanes. Probablement des clients descendus à l’auberge. Car
il y avait aussi une auberge. Peut-être était-ce le dernier commerce
encore ouvert dans la commune, le seul endroit où les gens du lieu
pouvaient encore se rencontrer autour d’un verre de bière ou de cidre.
Le soleil dardait. On était au plus fort du mois d’août. Mary
avait soif. Après tout, elle n’était pas pressée et une halte dans
cette auberge pittoresque ne la retarderait guère. Et puis, ne lui
avait-on pas dit qu’il y avait des bateaux pour l’île tous les quarts
d’heure ?
La porte de l’établissement était ouverte. Elle entra en baissant
machinalement la tête car la porte en ogive avait été faite en des
temps où un homme d’un mètre soixante-dix devait faire figure de géant.
Vu sa taille, Mary n’aurait pas donné du front contre le linteau de
granit, mais c’était tout juste.
Elle se retrouva dans une pièce toute en longueur, dont la
fraîcheur, après la fournaise du dehors, lui parut délicieuse. La salle
baignait dans une obscurité relative, car elle ne prenait le jour que
par deux fenestrelles étroites comme des meurtrières dont les petits
carreaux étaient masqués par des rideaux de coton blanc.
Face à la porte d’entrée, un bar, ou plutôt un comptoir bas comme
on en voyait dans les boulangeries autrefois, un meuble de bois blanc
couvert d’une plaque de zinc polie par l’usage. Derrière ce bar, des
étagères supportant quelques bouteilles d’apéritifs divers et,
parfaitement anachronique, un réfrigérateur moderne, en métal émaillé
blanc, luisant comme bubon dans la pénombre.
Les semelles de Mary crissèrent sur les larges dalles de granit
du sol ; il y eut un temps de silence puis une porte couina et une
vieille femme apparut derrière le comptoir et dévisagea Mary par-dessus
ses lunettes.
– Bonjour, madame.
– Bonjour…
L’accueil était plutôt rechigné. La femme considérait Mary avec suspicion. On semblait se méfier des étrangers au village.