| L'ouvrage |
À
la demande de son ancien patron, le commissaire Fabien, Mary Lester
reprend du service dans la police. Elle est détachée à Nantes où un
meurtrier en série sévit depuis quelques semaines. Trois cadavres déjà,
et pas l'ombre d'une piste. Le capitaine Leroux, vieux flic mal
embouché, mais qui connaît les bas-fonds de Nantes comme sa poche, n'a
pas la moindre piste. il fait pourtant bien comprendre à Mary Lester
qu'elle n'est pas la bienvenue sur son territoire. Leroux triomphe
lorsqu'il arrête un suspect en flagrant délit dans une rame de tramway.
Le commissaire Graissac, patron des polices urbaines à Nantes,
s'apprête donc à renvoyer Mary Lester et son adjoint Fortin à Quimper
lorsqu'un quatrième cadavre est découvert en pleine journée au coeur de
la ville. Il semble alors évident que le capitaine Leroux n'a pas
arrêté le bon coupable.
→ Source photo : www.nantes.fr
Retrouvez ci - dessous un extrait du premier chapitre de cette enquête :
– Mary, dit le commissaire Fabien, je suis bien embêté…
Mary Lester regarda plus attentivement son ex-patron, intriguée
par cette entrée en matière qui ne lui ressemblait pas. Ce n’était pas
souvent, en effet, que le commissaire avouait son embarras. D’ordinaire
son assurance ne présentait pas de failles.
Sans mot dire, elle promena son regard sur ce bureau qu’elle
connaissait si bien. Les lieux étaient tels qu’elle les avait laissés
le jour où elle avait quitté la police en claquant la porte.
Cela faisait déjà deux ans, et en deux ans rien n’avait changé, du moins en apparence.
Les meubles étaient les mêmes. Sur la table du commissaire -
désormais Directeur des Polices Urbaines - le même rectangle de buvard
vert, toujours neuf, que la femme de ménage changeait chaque matin ; le
même bureau de faux acajou, la même bibliothèque où, derrière des
claustras grillagées comme un poulailler, luisait la tranche de cuir
des Dalloz entretenus à la cire d’abeille.
Curieusement, ces respectables ouvrages de droit étaient protégés
comme si on avait eu peur qu’ils s’envolent, ou qu’un malfaiteur
particulièrement pervers vînt les dérober.
— Tu as vu, lui avait un jour fait remarquer Fortin, chez le taulier même les bouquins sont au gnouf !
Le taulier ! C’était bien du vocabulaire estampillé Fortin, ça ! Si les flics se mettaient à causer comme les footeux…
Et puis, c’était un peu excessif ! Le commissaire Fabien n’avait
jamais été un père Fouettard ! Il était patron comme il faut l’être,
avec fermeté mais aussi avec souplesse. La formule « une main de fer
dans un gant de velours » devait avoir été inventée pour lui.
Non, rien n’avait changé, pas même le commissaire Fabien.
Toujours sec, nerveux, le regard vif, inquisiteur, le pouce et l’index
de la main droite toujours teintés de l’indélébile marque brunâtre de
la nicotine.
Il n’avait pu se résoudre à s’arrêter de fumer, ce bon commissaire, et il sacrifiait toujours aux Benson à bout de liège.
Ses cheveux étaient un peu blanchis aux tempes et la moustache
jadis noire virait au poivre et sel. Madame Fabien
l’approvisionnait-elle toujours en petites pilules homéopathiques ?
Veillait-elle toujours avec un soin jaloux à son régime alimentaire ?
En tout cas, il ne parlait plus d’inviter Mary au Moulin de
Rosmadec, ce qui ne lui éviterait pas de se voir rappeler sa créance en
temps opportun.
Car le commissaire Fabien lui était toujours redevable d’un repas
dans cette prestigieuse hostellerie des bords de l’Aven ; il s’y était
imprudemment engagé lorsque Mary l’avait convié à partager un somptueux
plateau de fruits de mer au Café du Port, lors d’une enquête à
l’Île-Tudy.
|
|
| L'auteur |
Cet ancien mareyeur breton devenu auteur de romans policiers a connu un parcours atypique !
Passionné de littérature, c’est à 20 ans qu’il donne naissance à ses
premiers écrits, alors qu’il occupe un poste de poissonnier à Quimper.
En 30 ans d’exercice des métiers de la Mer, il va nous livrer pièces de
théâtre, romans historiques, nouvelles, puis une collection de romans
d’aventures pour la jeunesse, et une série de romans policiers, Mary
Lester.
À travers « Les Enquêtes de Mary Lester », aujourd’hui au nombre de
trente-deux, Jean Failler montre son attachement à la Bretagne, et nous
donne
l’occasion de découvrir non seulement les divers paysages et villes du
pays, mais aussi ses réalités économiques.
La plupart du temps basées sur des faits réels, ces fictions se confrontent au contexte social et culturel actuel.
Pas de folklore ni de violence dans ces livres destinés à tous publics,
loin des clichés touristiques, mais des enquêtes dans un vrai style
policier.
La collection « Filosec et
Biscoto », qui compte aujourd’hui cinq tomes, s’adresse elle aux
enfants : de vrais romans d’aventure, dont le cadre reste la Bretagne,
pleins d’humour et de sentiments vrais que ces deux héros attachants
transmettent rapidement au lecteur.
Jean Failler a su relever le défi : redonner le goût de la lecture aux
enfants à travers de formidables romans faits pour eux.
La série connaît déjà un grand succès, et a reçu plusieurs prix décernés par de jeunes lecteurs.
Jean Failler est également l'auteur de pièces de théâtre et de recueils de nouvelles.
|
|