| Auteur | Jean Failler |
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| Titre | Sans verser de larmes |
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| Éditeur |
Editions du Palémon | ||||||||||||||||
| Parution |
2008 | ||||||||||||||||
| Format | 11 x 18 cm (format poche) | ||||||||||||||||
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Pages |
416 pages |
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| Prix |
8 € |
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| ISBN |
978-2-907572-93-4 | ||||||||||||||||
| L'ouvrage |
Mary Lester pensait bien en être quitte
de ses aventures à Trébeurnou, mais voilà que le sort en décide
autrement.Il y a une nouvelle victime sur la palud. Une victime morte
d'étrange façon. À priori, point de mystère. Les gendarmes ont arrêté
sur les lieux de drame, et pour ainsi dire en flagrant délit, un homme
qui a tout pour faire un coupable idéal.
Source photo : www.linternaute.com
Extrait :
Chapitre 1
La semaine avait démarré en souplesse ; il flottait sur la ville comme un air de printemps lorsque Mary Lester avait quitté son domicile de la Venelle du Pain Cuit pour rejoindre le commissariat par les quais de l’Odet. On n’était encore que début mars mais les jours commençaient à s’allonger et les jardiniers municipaux s’affairaient à mettre en place des plantes fleuries dans les bacs accrochés aux rambardes de fer en surplomb du cours d’eau. Les camélias arborescents qui bordaient la rivière, vestiges des anciens jardins bourgeois au milieu desquels on avait - pour faire place à l’automobile - ouvert un second boulevard, portaient une multitude de bourgeons vernissés gonflés de sève, qui commençaient à s’ouvrir sur des fleurs rouges ou blanches. En ce lundi matin, neuf heures sonnaient au clocher de la cathédrale Saint-Corentin lorsque le capitaine Mary Lester poussa la porte du commissariat. Elle serra la main du brigadier de nuit qui passait les consignes au collègue de jour. — Bonjour, Mériadec. — Bonjour capitaine, toujours à l’heure, à ce que je vois ! — Je m’y efforce, sourit-elle. On apercevait, derrière une vitre, la salle où se tenaient les gardiens qui se racontaient leurs exploits du week-end. — Ça va ? — Ça roule, capitaine. Le brigadier-chef Mériadec ne paraissait pas mécontent de voir le lundi arriver. Il avait assumé deux gardes de nuit, celle du samedi et celle du dimanche, les plus agitées de la semaine, et il n’avait pas beaucoup dormi. Le blanc de ses yeux gonflés était rougi, probablement par le manque de sommeil. Mary fit pivoter la main courante ouverte à plat sur le comptoir et y jeta un coup d’œil. Mériadec commenta : — RAS, secteur calme sur l’ensemble du front. — Vous parlez comme un poilu, dit-elle en retournant à nouveau le registre. Mériadec se mit à rire : — C’est mon arrière-grand-père qui disait ça. Et il ajouta : — Il avait fait la guerre de 14-18 dans les tranchées. — Ça ne rigolait pas, à cette époque ! — Non, dit Mériadec. Il haussa les épaules. — Heureusement, ici, c’est moins rude. Ce n’est pas le calme plat, mais enfin… la routine : bagarre à la gare, à la sortie d’un bar, arrestation mouvementée de deux jeunes cons qui cassaient les essuie-glaces et les rétroviseurs des bagnoles en stationnement… Nouveau commentaire : — Ils étaient complètement bourrés… Mary haussa les épaules : — Ceci explique cela… Où sont-ils ? — En cellule de dégrisement. Le brigadier-chef Conan qui prenait la suite de Mériadec précisa : — Je suppose que le patron voudra les voir ? — Certainement, dit Mériadec en poursuivant son énumération : une femme qui s’est fait cogner par son mec dans la ZUP… Ce sont les voisins qui nous ont appelés. — Elle a été sérieusement blessée ? — Assez pour être hospitalisée. Elle saignait beaucoup, une arcade sourcilière fendue, paraît-il. — Et le costaud ? — Il est là. Du pouce il montrait la porte menant aux geôles. — C’est un récidiviste, dit Mériadec. Les gosses ont été pris en charge par la DDASS. — Quel gâchis, marmonna Mary avec dégoût. — Et sa bonne femme refuse de porter plainte, ajouta le brigadier-chef en secouant sa grosse tête d’un air d’incompréhension. Et il ajouta en levant les yeux au ciel : — Elle l’aime ! — Pff ! fit Mary accablée. Et elle l’aimera toujours quand il l’aura estropiée ? Mériadec eut un geste d’exaspération. — Je m’en fous, elle n’aura que ce qu’elle mérite ! — Et les gosses ? s’inquiéta Mary, vous avez pensé aux gosses ? Le brigadier était remonté : — Ce n’est pas à moi d’y penser, fit-il d’un ton rogue, c’est à ces deux tarés ! Sa voix baissa d’un ton. — Les gosses pour eux, c’est quoi ? Des allocs ? De quoi se payer un écran plat, de la bière et des pizzas surgelées pour bouffer en regardant les variétés au lieu d’aller au boulot ? Pff, cracha-t-il dégoûté. En elle-même, Mary dut convenir que le brigadier Mériadec n’avait pas tort, mais elle ne pouvait s’empêcher de penser aux gosses abandonnés au milieu d’une nuit de fureur et livrés aux services sociaux où matériellement ils ne manqueraient de rien, mais affectivement… Tiens, elle en aurait pleuré, mais il fallait se blinder dans ce métier. |
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| L'auteur | Né en 1940 à Quimper, il est l'auteur de pièces de théâtre, de romans historiques et de romans policiers. La série Les enquêtes de Mary Lester connaît depuis plusieurs années un grand succès (36 numéros à ce jour). | ||||||||||||||||
| Bibliographie |
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