Les enquêtes de Mary Lester n°4 - Marée blanche

 Genre : Roman policier, Bretagne
 Année de publication : 1998
 Format : Poche (11 x 18 cm)  Prix : 7,60 €
 Pages : 192
  ISBN / EAN : 9782907572088
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Présentation

 
 
Comme il y a pénurie d'inspecteurs au commissariat de Concarneau, Mary Lester y est détachée pour enquêter sur la mort d'un jeune homme. Oh, rien de bien mystérieux, vraisemblablement un règlement de comptes entre marginaux. Voire... On le sait, Mary Lester a le chic pour apercevoir, derrière des faits paraissant évidents, d'autres qui le sont moins. Et quand elle a saisi un fil conducteur, on peut compter sur elle, en dépit du scepticisme de ses supérieurs, pour débrouiller tout l'écheveau. Elle va s'immerger dans une petite ville secouée par la crise de la pêche, découvrant, dans un monde dont elle ignore tout, des personnages aussi fragiles que rudes, bien attachants malgré leurs manières brusques. Et il y a urgence, car si la marée noire tue la flore et la faune, la marée blanche, elle, tue les hommes. 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

Les médias en parlent...

 

 
extrait du commentaire de Shelton sur critiqueslibres.com :

 

 

J’ai beaucoup aimé cet ouvrage qui permet de pénétrer la mentalité des marins pêcheurs d’aujourd’hui. En plus, pour tous ceux qui connaissent le port de Concarneau, vous aurez le plaisir de vous promener, de jour comme de nuit, dans cette petite ville que je ne suis pas le seul à aimer…
Il s’agit d’un très beau roman d’ambiance, intime, humain et, je dois vous le dire, très bien écrit.
Très bonne lecture policière à ne pas manquer pour tous les amateurs du genre.
 
 

Retrouvez l'intégralité de cette critique sur CritiquesLibres.com

 

 


 

 

Extrait : chapitre 1

 
 
22 novembre.

 Sur la mer turquoise, de longues houles ondulaient, couronnées d’écume. Le vent d’ouest soufflait en rafales brutales et désordonnées, le ciel était noir. Un temps à grains. Par moments la pluie se déchaînait et, chassée par le vent, passait à l’horizontale, cinglant les vitres de la cabine, si drue qu’elle plongeait la timonerie dans une sorte d’univers glauque. Puis, aussi subitement, les nuages lourds se déchiraient et un grand pan de ciel bleu apparaissait. Il y avait alors un soleil extraordinaire et il semblait qu’on passait en un instant du plus noir de l’hiver au plus lumineux du printemps.
 À la barre de son chalutier bleu et blanc, Nicolas Le Maout, l’épaule calée contre la cloison de la cabine, les yeux plissés par la fatigue, regardait venir la côte ; une longue plage de sable fin barrait le fond de la baie, séparant le ciel de la mer d’un trait d’ivoire éclatant. Derrière se dessinaient les champs, les bois, et puis, sur tribord, Concarneau. Ce qu’on apercevait d’abord en venant de la mer, c’était les immeubles HLM de Kerandon, une longue barrière blanche posée contre le ciel. Entre eux et la mer, les maisons descendaient jusqu’à la ville close plantée sur son rocher, qui trempait ses vieilles murailles dans les eaux paisibles du port. Derrière, il y avait la criée, mais on ne la voyait pas encore.
 Des entrailles du bateau montait le grondement sourd du diesel qui tournait à demi-régime. Une lourde silhouette se dressa derrière Nicolas Le Maout, emplissant la petite cabine de sa carrure formidable.
 Nicolas détourna à peine la tête et dit d’une voix lasse :
 – On arrive.
 Et l’autre bougonna d’un timbre éraillé :
 – Pas trop tôt !
 – Comme tu dis, Petit Pierrot, mes bottes sont lourdes, fit Nicolas Le Maout.
 Et il passa d’un pied sur l’autre dans une sorte de danse lente pour tenter de désengourdir ses jambes lasses, puis il prit sur une tablette devant lui un paquet de gauloises froissé, en sortit une cigarette tordue qu’il alluma à un briquet de plastique jaune sans se soucier de la curieuse forme du cylindre de tabac.
 La cabine empestait l’huile chaude, le poisson, le tabac et il fallait avoir le cœur bien accroché pour supporter les mouvements du bateau dans cette atmosphère confinée. Qu’importe, ici au moins on n’avait pas froid ; et du froid, de l’humidité, du vent, ces hommes venaient d’en avoir plus que leur compte.
 Accablés de fatigue, le reste de l’équipage, deux matelots, dormait dans le poste, capelé dans leurs cirés jaunes, encore bottés. Comme ils étaient tombés, le sommeil les avait pris…

ML04

8,00€ 7,60€