Genre : Roman policier, Bretagne
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Année de publication : 1998 |
| Format : Poche (11 x 18 cm) |
Prix : 7,60 €
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Pages : 304
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ISBN / EAN : 9782907572170 |
Mary
Lester est en vacances à La Baule... Quoi de plus normal au mois d'août
? Seulement, ce sont des vacances un peu particulières : un patron de
la police nantaise a demandé « quelqu'un qui ne fasse pas trop flic
» pour s'infiltrer dans le monde particulier d'un golf privé dans
lequel se passeraient des trafics peu catholiques. Voici donc le
lieutenant Lester, bon gré, mal gré, déguisée en apprentie golfeuse. La
tâche, si elle est périlleuse— le milieu qu'elle va devoir épier est particulièrement dangereux
— n'est pas sans agréments : passer pour une étudiante, jouer sur un
des golfs les plus prestigieux de France et de Navarre et, le reste du
temps, bronzer sur la plus belle plage d'Europe en se faisant draguer
par un charmant fils de famille, n'est guère rebutant. Seulement, il y
a une chose à laquelle Mary n'a jamais su renoncer, c'est à chercher ce
qui se cache derrière l'insolite. La mort de Victoire Leblond sur le
green du trou numéro sept est-elle aussi naturelle qu'il y paraît ?
Comment l'homme aux doigts bleus peut-il, trois mois après sa mort,
faire encore des victimes au golf du Bois Joli ?
→ Source photo : www.labaule.fr
Extrait : chapitre 1
Le bar était occupé par une demi-douzaine de gentlemen qui buvaient de
la bière, perchés sur de hauts tabourets de bois verni. Ils avaient en
commun le teint un peu trop rouge des gens qui se sont longtemps
exposés au soleil et le polo sport, de couleur vive, marqué d’un petit
crocodile bâillant à s’en décrocher la mâchoire. Autre caractéristique
vestimentaire, ils étaient tous en chaussettes, à croire qu’en ces
lieux on sacrifiait à la coutume mahométane qui consiste à abandonner
ses grolles quand on pénètre dans le temple ; comme si les effluves de
panards fumants ayant accompli une dizaine de kilomètres à travers la
campagne étaient un succédané d’encens capable d’enchanter les narines
de Saint-Andrew, patron des lieux.
Devant la porte du bar, une accumulation de chaussures
abandonnées par leurs propriétaires. Elles étaient d’un modèle un peu
particulier : l’empeigne, couverte d’un empiècement de cuir en forme
d’éventail posé à plat, en cachait les lacets. Quelques-unes s’étaient
retournées et laissaient apercevoir des clous luisants sortant de leur
semelle maculée de terre, de boue, et d’herbe coupée.
Ces clous, destinés à un bon arrimage du golfeur au sol, étaient
interdits, et pour cause, sur le beau parquet ciré du bar. Raison pour
laquelle ces messieurs circulaient en chaussettes.
Cette disposition du règlement, à laquelle ils étaient habitués,
ne paraissait pas troubler outre-mesure leur capacité d’absorption ; le
barman avait fort à faire à remplir les lourdes chopes de verre qui se
vidaient comme par enchantement. Le bar occupait le rez-de-chaussée de la grande salle du manoir,
une pièce austère, aux lourdes poutres apparentes, avec, à son
extrémité, une énorme cheminée de pierre.
Des tables basses au cannage protégé par un verre épais étaient
disposées devant des fauteuils club au cuir patiné et, sur l’une
d’elles, un garçon maniéré en pantalon noir, chemise blanche et gilet
écossais, disposait quatre tasses et une théière de porcelaine.
Les quatre dames auxquelles cette infusion était destinée ne
disaient mot. Comme les messieurs, elles fixaient l’huis vitré qui
venait de s’entrouvrir.
La femme, ou plutôt la jeune fille qui venait de pousser cette
porte s’arrêta, intimidée. Jamais silence plus glacial n’avait
accueilli un nouveau venu, jamais douze paires d’yeux ne l’avaient
dévisagée d’aussi insistante manière …