Genre : Roman policier, Bretagne
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Année de publication : 1998
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Format : Poche (11 x 18)
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Prix : 7,58 €
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Pages : 304
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ISBN / EAN : 9782907572187 |
Présentation
Voici
Mary Lester à Saint-Malo. Elle y a été attachée pour enquêter sur la
mort de la jeune et jolie femme du notaire, survenue huit mois plus
tôt. En son temps, la police locale avait conclu à une mort naturelle,
hypothèse que tout semble confirmer, et Mary sent qu'elle n'est pas la
bienvenue sur cette affaire. Bien sûr, il faut faire plaisir au
notaire, personnalité de premier plan dans la ville, qui réfute la
thèse du commissaire Rocca. Alors on suggère à Mary Lester de passer
quelques jours bien agréables à Saint-Malo, de faire semblant de
s'activer, et finalement d'abonder dans le sens du commissaire Rocca.
C'est bien mal la connaître...
`
Les médias en parlent...
extrait du commentaire de Shelton sur critiqueslibres.com :
Un bon petit roman, bien sympathique, une belle promenade le
long des flots refroidis, une bouffée d’air pur, un moment de plaisir
que l’on voudrait voir se prolonger…
Jean Failler est un écrivain que j’apprécie car il raconte de bonnes
histoires, bien ficelées, qui se déroulent dans cette Bretagne que nous
sommes beaucoup à aimer… Tout y est
vrai, tout est le reflet d’un amour profond de l’auteur pour sa région…
Certains n’aiment pas trop les romans en série, pensant que souvent
l’auteur ne fait que répéter des schémas stéréotypés et sans intérêt
quand on en a lu un. Mais dans le cas de cette série, je trouve que
l’auteur a su éviter le piège : les lieux changent complètement, les
personnages sont toujours très différents, y compris les collègues
policiers car nous passons d’un commissariat breton à un autre… et le
seul collègue de Mary que nous retrouvons, Fortin, celui qu’elle fait
rappliquer de Quimper en catastrophe, n’est là qu’en fin de roman…
En résumé, un très bon roman policier à lire pour le plaisir et pour se
sentir un peu en vacances, même si l’histoire se déroule « hors-saison
»…
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Extrait : chapitre 1
Comme l’avaient prévu les services de la météo, la tempête arriva
par l’ouest. Le ciel, jusque là d’un bleu léger, à peine voilé de
petits nuages blancs flottant comme un duvet, se couvrit peu à peu. Sur
la mer, venant du fond de l’horizon, des nuées plombées, lourdes de
menaces, apparurent.
Puis le vent forcit. D’abord en courtes rafales, comme pour
prévenir les marins qu’il fallait amener la toile, et les terriens
qu’il était temps de ramasser le linge étendu aux séchoirs et de clore
solidement portes et fenêtres.
La mer, soudainement devenue toute sombre, presque noire, se
creusait de courtes lames rageuses crêtées de blanc. Là-bas, au grand
Bé, on les entendait monter à l’assaut de la roche en grondant et le
môle des Noires, qui fermait le port de plaisance des Sablons, était
par moments recouvert d’écume.
Du haut des remparts de Saint-Malo, le spectacle était grandiose.
Mais il restait bien peu de monde pour l’admirer. Deux petits vieux se
hâtaient pour descendre l’escalier qui les amènerait rue Sainte-Anne
d’où, à l’abri du vent, ils pourraient regagner leur domicile.
Mary Lester continua sa promenade, ravie d’être seule. Elle
trouvait que ce temps convenait mieux à la cité corsaire que la bonace
qu’on avait eue jusqu’à fin octobre.
Ce nom, Saint-Malo, était porteur de telles senteurs d’aventure,
qu’oubliant le XXe siècle, on s’attendait presque à voir une escadre
anglaise venir donner du canon contre la citadelle, et on n’aurait pas
été autrement surpris de voir sortir du Bastion de Hollande porteur
d’une longue-vue de cuivre, le grand Surcouf lui-même, venant diriger
la défense de la ville.
Des canons étaient encore à poste, braqués sur cet océan d’où
venaient tous les dangers, lourdes masses de fer noirci, portées par
des chariots de bois aux petites roues épaisses, cerclées de fer.
Pendant des siècles, ces armes depuis longtemps obsolètes avaient
protégé la cité contre les incursions des « Sauzons », l’ennemi
héréditaire venu de la grande île de l’autre côté du « Channel ».
Avec quelque raison, ces orgueilleux Saxons rêvaient de détruire
ce « nid de frelons » où de hardis navigateurs édifiaient d’insolentes
fortunes en pillant leurs navires marchands.
En dépit de leurs efforts et de leur domination sur toutes les
mers du monde, ils n’avaient jamais pu venir à bout de ces capitaines
d’exception et, lorsqu’ils avaient tenu en leurs geôles le plus hardi
d’entre eux, Robert Surcouf, ils n’avaient su l’empêcher de regagner la
France sur une mauvaise barque, munie de deux avirons dépareillés. Rude
gaillard qui avait coûté bien cher au royaume de Sa Très Gracieuse
Majesté…
Son bateau, le Renard ou du moins sa fidèle réplique, n’était-il pas là, dans le bassin Vauban, paré à l’appareillage ?
Las, le Renard ne mettait plus à la voile que pour promener les
touristes, et s’il portait toujours ses canons, c’était uniquement pour
lancer, aux jours de fête, d’inoffensifs pétards produisant bruit et
fumée pour la plus grande joie des petits enfants…