| Auteur | Angèle Jacq |
| Titre |
Liberté, Frankiz, Fahafana |
| Éditeur |
Editions du Palémon |
| Parution |
2007 |
| Format | 11 x 18 cm (format poche) |
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Pages |
368 pages |
| Prix |
8,00 € |
| ISBN |
978-2-907572-82-2 |
| L'ouvrage |
Dans ce troisième tome, la peur de sauter avec l'explosif que
désamorcent les prisonniers allemands pousse Reun et Riquet, les deux
jeunes Bretons, à signer pour la Royale. Cap sur Madagascar à l'hiver
46 comme une lueur de belle espérance. Sur le bateau, ils sympathisent
avec les Malgaches qui ont aidé la "mère-patrie" à chasser les nazis et
qui rêvent de fiancées laissées au pays, d'indépendance promise à leur
île, de chaleur tropicale, de musique dans la liesse de la fête où les
vivants font danser les morts.
Voici le premier chapitre du troisième tome des "Hommes libres" a retrouver en exclusivité ci-dessous :
L’étrave
du lourd patrouilleur tranche le clapot. Le flot gicle de part et
d’autres en paquets de mousse blanche. Les coups de boutoir des bielles
et des culbuteurs fatigués couvrent lourdement la voix de la mer.
Au-dessus du pont, les haubans geignent sur des tons sourds. Un bout
cogne le plat de bordé. Le vent fend les drisses. Elles crissent comme
cymbales. Puis, il se joue de caprices sur les mâts et les
cordages comme un archet fantasque sur les filins de cette énorme
contrebasse. Çà et là les nuages en guipure de nuit se coursent dans le
clair-obscur de l’immense vasque ; la lune accroche un éclat laiteux,
rapide, fugace sur le fluide mouvant. Orchestré par le roulis et le
rythme entêtant des machines, le mastodonte de guerre glisse sur
l’encre marine.
Reun vient de prendre son quart. Qu’il lui semble loin cet hier béant… La mort d’Annig à Meilh C’hlas lors de l’incendie du moulin par la milice. Annig, son premier amour, le blond de ses cheveux ramassé en un chignon sur le haut de la tête, son sourire auréolé de la dentelle blanche empesée de sa coiffe du dimanche toute de joliesse et de fraîcheur. Le souvenir de cette tragédie rouvre la plaie récente laissée par Jozefa. La seconde aimée ne remplaça jamais la première cependant elle fut tout aussi unique. Jozefa, ce goût de feu près de la cheminée qui lui redonna chaud au cœur dans ces mois glacés, lors du siège de Lorient, dans l’hiver féroce de 44-45. Ô ! L’éclat des flammes sur sa chevelure blonde remontée en crans sur le haut de la tête et qu’elle fixait de deux peignes afin d’en domestiquer le flot ondulé. Un nœud sur la nuque retenait cette poignée de soie sur le dos. Lorsqu’elle les brossait devant le rougeoiement des bûches en braises : un mythe surgissait tel celui d’une légende que contait sa grand-mère le soir à la veillée. Mais Reun, n’attendait qu’une chose : ce moment où elle allait se glisser dans le lit clos près de lui.
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| L'auteur |
Née à Landudal en 1937, Angèle Jacq a toujours vécu et travaillé en Bretagne. D'abord agricultrice, elle a exercé différents métiers avant de devenir journaliste et écrivain. Après "Le voyage de Jabel", "Ma langue au chat" et sa série historique "Les hommes libres" ont confirmé la place qu'elle occupe dans l'histoire de la littérature en Bretagne.
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| Bibliographie |
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