| L'ouvrage |
Jamais
jusqu'à présent, la polémique n'a été aussi vive à propos du
comportement des nationalistes bretons sous l'Occupation. En s'appuyant
sur des documents d'archives inédits (rapports de Gendarmerie et des
renseignements généraux, dépositions et témoignages devant la
justice...), Kristian Hamon apporte un regard sans complaisance sur les
rapports qu'entretenaient les nationalistes avec l'occupant, sous
l'oeil vigilant de la police de Vichy. Il montre aussi comment
l'engrenage de la collaboration a commencé à tourner dès les années
trente, avec quelques dirigeants influents, comme Mordrel, Debauvais et
Lainé. S'il relativise l'importance que l'on prête encore aujourd'hui à
ce qu'était le Parti National Breton, l'auteur met en évidence, à
travers l'étude de l'activisme des militants, les compromissions des
uns et la collaboration à outrance des autres, sans oublier la montée
des conflits internes au Mouvement breton.
Alors que s'affirme avec force ce que l'on appelle aujourd'hui
l'identité bretonne, ce livre, en rendant accessible ce qui est complexe, aborde avec lucidité une des pages les plus
douloureuses de l'histoire du mouvement breton.
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| L'auteur |
Kristian Hamon, Christian Hamon à l'état-civil, est un rédacteur et historien français.
Après un rapide passage au mouvement nationaliste Jeune Bretagne, dont il dénonce le caractère d'extrême droite[1], il adhère au Parti communiste breton en 1973. À la fin des années 1970, il rejoint l'équipe du Canard de Nantes à Brest, puis celle de Libération en 1981, puis de Lyon-Libération. À la fin des années 1980, il entre au quotidien Var-Matin (Toulon). Après un passage dans l'édition (Dargaud, Le Lombard), il reprend tardivement des études, passe une maîtrise d'histoire (sur L'Ouest-Éclair) puis un DÉA sur les nationalistes bretons sous l'Occupation, pour lequel il obtient une dérogation pour consulter les Archives départementales d'Ille-et-Vilaine concernant les activités du Parti national breton pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses livres sont basés sur des recoupements entre les dossiers d'instruction judiciaire des procès de l'épuration en Bretagne, les rapports de la gendarmerie, ceux des renseignements généraux et ceux des services secrets allemands pendant l'Occupation et à la Libération. Depuis 1999, K. Hamon poursuit ses recherches sur la Collaboration (notamment la collaboration armée) et la Résistance en Bretagne. En 2001 il s'est inscrit en doctorat de Celtique à Rennes II avec une thèse sur le Mouvement breton sous l'Occupation, mythes et réalité, sous la direction de Gwendal Denis (Denez). Vendus à plus de 7 000 exemplaires chacun, ses ouvrages suscitent un certain intérêt en Bretagne. Il a la particularité d'être l'objet d'une haine féroce de la part des nationalistes bretons d'extrême-droite d'ADSAV et des communistes de la revue des Bretons de Paris.
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